jueves, 4 de febrero de 2016

LE PERSONNAGE DU MOIS : JACQUES PRÉVERT




Jacques Prévert est né à Neuilly-sur-Seine le 4 février 1900 dans une famille de petits bourgeois. Il a toutefois été élevé dans l'amour de la littérature et du théâtre, que ses parents affectionnaient particulièrement. Il s'ennuie rapidement dans ses études et abandonne son éducation à l'âge de 15 ans. C'est à l'occasion de son service militaire à Istanbul qu'il rencontre Marcel Duhamel, qui lui permet d'intégrer les cercles littéraires de l'époque. En effet, à leur retour à Paris, Marcel héberge Jacques dans l'hôtel familial, au 54 rue du Château. L'endroit devient rapidement le quartier général des penseurs surréalistes, Raymond Queneau en tête.

Mais Prévert n'est pas un homme de meute, et il refuse de se laisser affilier au groupe des surréalistes, notamment en raison de ses conflits avec 
André Breton. Très engagé, il n'a jamais été encarté à aucun parti, et revendique une liberté de penser indépendante de tout et de tout le monde. Au début des années 1930, il crée le collectif théâtral Octobre, célèbre pour ses interventions parmi les ouvriers en grève, et notamment chez Citroën. Le groupe est invité aux Olympiades de Moscou et reçoit le premier prix avec « La bataille de Fontenoy ».

Jacques Prévert s'oriente ensuite naturellement vers l'écriture de scénarios pour le cinéma. Il sera l'auteur des films les plus célèbres des années 1930 et 1940, comme « Le Crime de Monsieur Lange » de
Jean Renoir, « Le Quai des brumes » ou « Les Enfants du paradis » de Marcel Carné. Ce film, réalisé pendant l'occupation à Nice, sort sur les écrans en 1945. Cette fresque se déroule dans le milieu artistique parisien entre 1840 et 1847, là où se regroupent tous les théâtres populaires de la capitale : le boulevard du Crime. Arletty, Pierre Brasseur et Jean-Louis Barrault interprètent des comédiens de quartier qui, pour certains, ont réellement existé. « Les Enfants du Paradis »  séduira largement le public français.

Après le succès de son premier recueil de poèmes, « Paroles » (1946), il devint un poète populaire grâce à son langage familier et ses jeux de mots. Ses poèmes furent mis en musique par Joseph Kosma dès 1935 et interprétés entre autres par Agnès Capri, Juliette Gréco, Les Frères Jacques et Yves Montand. Figure sacrée des libertaires et des poètes, grand antimilitariste et homme de citations, Jacques Prévert est aujourd'hui l'un des poètes les plus enseignés à l'école.
Ce poète et scénariste français, ami du célèbre photographe Robert Doisneau, est mort le 11 avril 1977 à Omonville-la-Petite (Manche) des suites d’un cancer du poumon, lui qui avait toujours la cigarette à la bouche.

 



LE CANCRE
Il dit non avec la têt Jacques Prévert e Jacques Prévert                        les chiffres et les mots
mais il dit oui avec le cœur                                                          les dates Jacques Prévert et les noms
il dit oui à ce qu’il aime                                                                Jacques Prévert les phrases et les pièges
il dit non au professeur                                                              et malgré les menaces du maître
il  est debout                                                                              sous les huées des enfants prodiges
on le questionne                                                                         avec des craies de toutes les couleurs
et tous les problèmes sont posés                                               sur le tableau noir du malheur
soudain le fou rire le prend                                                       il dessine le visage du bonheur
et il efface tout                                                                       Recueil  « Paroles » (1946)



Notre Père qui êtes aux cieux 
Restez-y 
Fort heureusement, chaque réussite est l'échec d'autre chose. 
Bien sûr, des fois, j'ai pensé mettre fin à mes jours,  mais je ne savais jamais par lequel commencer.
La vie est une cerise 
La mort est un noyau 
L'amour un cerisier. 

martes, 12 de enero de 2016

LE PERSONNAGE DU MOIS : ÉDOUARD MANET
Le maître des impressionnistes




Né à Paris le 23 janvier 1832, Édouard Manet voit le jour au sein d'une famille de la haute bourgeoisie. Ses premiers pas dans la vie sont marqués par l'incertitude et l'instabilité. Il étudie quelque temps dans l'atelier de Couture puis effectue de nombreux voyages qui inspireront son œuvre. Il propose ses toiles au « Salon » qui souvent les rejette. Il accueille donc avec enthousiasme la création du « Salon des refusés », où il peut exposer son très célèbre « Déjeuner sur l'herbe » (1863), l'une des plus grandes toiles de son œuvre, qui dérangera les critiques par la nudité d’une femme déjeunant en compagnie de deux hommes vêtus. Dans cette œuvre, Manet rompt avec les techniques académistes pour utiliser avec originalité les caractéristiques du mouvement impressionniste.
En 1865, il expose au « Salon » l’une de ses toiles, « Olympia », qui suscite une réaction encore plus vive contraignant le Salon à enlever le tableau. Manet s’est inspiré ici de la Vénus de Titien, qu’il a représentée en dehors de son contexte religieux. Olympia est en effet allongée, nue, semblant vouloir offrir ses charmes. Par son art, qui tend vers le modernisme, Manet n’est pas accepté par les critiques mais conserve toujours le soutien de nombreux artistes de son temps dont Baudelaire, Monet, Renoir, Zola, …
Il entreprend des voyages et y puise son inspiration pour toujours faire évoluer ses œuvres, cherchant, en effet, à se démarquer des mouvements de son temps : "Je peins ce que je vois, et non ce qu'il plaît aux autres de voir". Il revendique toujours sa propre subjectivité et l'importance de la vision du peintre par rapport aux règles admises.
Si les jeunes peintres qui allaient être le noyau de l'impressionnisme, Edgar Degas, Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, Camille Pissarro et Paul Cézanne, subirent l'influence de Manet, ceux-ci devaient par la suite, en retour, influencer son art, le rendant plus sensible aux jeux de lumière. Il faut donc voir en Manet, plutôt qu'un représentant à part entière de l'impressionnisme, un puissant inspirateur de celui-ci
Manet connaîtra tardivement la reconnaissance officielle à laquelle il aspirait et sera nommé Chevalier de la Légion d'honneur.

Il mourut à Paris le 30 avril 1883, laissant une œuvre importante, comprenant plus de quatre cents peintures à l'huile, des pastels et de nombreuses aquarelles.



jueves, 3 de diciembre de 2015

Décembre

LE PERSONNAGE DU MOIS : ÉDITH PIAF


Née à Paris le 19 décembre 1915 et morte à Plascassier (Alpes Maritimes) le 10 octobre 1963, sa vie aura été brève et intense, le destin la rattrapant toujours lors de brefs instants de bonheur. « La môme » n’aura jamais su se guérir des blessures de l’enfance et des désillusions de l’amour. Elle a dédié sa vie à son public, sa relation la plus fidèle et la plus sincère. Le patrimoine laissé par Piaf est immense et nombre de ces chansons à l’image de « La vie en rose », de « L’hymne à l’amour » ou de « Non, je ne regrette rien » demeurent encore dans l’inconscient collectif. Piaf est sans conteste l’artiste féminine qui aura le plus marqué le XXème siècle, tant par la grandeur de sa voix que par son destin des plus tragiques. 
Issue d’une famille d’artistes de rue, Édith Giovanna Gassion naît à Paris dans le quartier de Belleville. Son père est contorsionniste dans un cirque itinérant, sa mère chanteuse de rue. Edith ne connaît pas l’existence d’une enfant normale et mène une vie déstructurée. Elle fait face à la solitude et aux premières déceptions lorsque sa mère l'abandonne. Son père, soucieux du bien être de sa fille, prend la décision de la protéger et la confie à sa grand-mère paternelle, patronne d’une maison close en Normandie, avant de partir au front.
À la fin de la guerre, Édith et son père repartent sur les routes où tous deux mènent une vie de Bohème. C’est en accompagnant son père lors de ses spectacles de rue qu’Édith se découvre un talent pour la chanson. Elle dispose d’une voix unique qui va lui permettre d’atteindre le firmament des stars. À 15 ans, fatiguée de cette vie itinérante, Édith part vivre sa vie. Elle rencontre son premier amour, Louis Dupont, et, en 1933, une petite Marcelle naît de leur rencontre. À l’âge de deux ans, Marcelle meurt d’une méningite foudroyante et
Édith repart dans le Paris dépravé noyer son chagrin souvent accompagnée de sa meilleure amie, Simone, Parallèlement à cette vie de débauche, Edith chante dans les rues de Pigalle et de Belleville où elle commence, grâce à son don, à gagner sa vie.

Le plus grand des hasards met Louis Leplée sur sa route. C’est le premier homme à lui faire confiance. Il l’engage dans son cabaret et la rebaptise « La môme Piaf »Comme l’oiseau, Édith, malgré sa petite taille – elle ne mesure qu’ 1m 47 – dégage une force de caractère inégalable et une voix hors du commun. Elle est très vite repérée par le Paris artistique de l’époque et elle enregistre son premier disque.
Petit à petit Édith devient une star et se tourne vers de nouveaux horizons sans abandonner la chanson. Son talent pour l’art dramatique lui vaudra de tourner dans une dizaine de films. Pendant l’occupation allemande, Piaf continue à chanter tout en faisant acte de résistance dans des textes aux messages cachés.
En 1944, Piaf est une artiste accomplie. Sa rencontre avec Yves
Montand est une nouvelle étape dans sa carrière. Elle le prend sous son aile et fait de lui un artiste. Parallèlement, elle noue une relation amoureuse avec lui. Sur l’écran, on peut voir le couple dans le film « Étoiles de la lumière »Toute sa vie, la chanteuse ne cessera de mêler ses liaisons à sa vie artistique, aidant ses amants à accéder à la célébrité. Édith révèle également un talent pour l’écriture. À la fin de l’année 1945, elle écrit l’un de ses plus célèbres succès internationaux « La vie en rose ».

En 1947, elle lance la carrière des Compagnons de la chanson. Ensemble, ils chantent « Les trois cloches » et embarquent pour les États-Unis. Elle conquiert peu à peu le cœur des Américains et c’est là-bas que Piaf fera ses plus belles rencontres. Elle croise le chemin de 
Marlene Dietrich, qui restera l’une de ses plus fidèles amies, et de Marcel Cerdan, l’amour de sa vie.  
Le boxeur français est marié mais la passion qu’il vit avec Édith n’a pas d’égal. Ce couple restera l’un des plus magiques et des plus tragiques du XXème siècle. Marcel Cerdan meurt dans un accident d’avion, 
le 27 octobre 1949, alors qu’il venait rejoindre Édith à New York. La môme ne se remettra jamais de ce nouveau coup du destin. Brisée par le chagrin, le désespoir, mué en dépressions chroniques, ne la quittera plus jamais.



                           

martes, 3 de noviembre de 2015

Novembre: Auguste Rodin

LE PERSONNAGE DU MOIS : AUGUSTE RODIN

Auguste Rodin est un sculpteur français à l’origine de la sculpture moderne. Il est né à Paris le 12 novembre 1840 et il est mort à Meudon le 17 novembre 1917.  Dans son enfance, Auguste n’est pas un très bon élève mais apprécie dessiner dès qu’il en a l’occasion. À l’âge de 14 ans, ses parents l’inscrivent à l’École Spéciale de dessin et de mathématiques. Sa passion pour la sculpture naîtra dans cette école. En 1957, il tente le concours d’entrée pour l’École des Beaux-Arts, soutenu par ses professeurs qui ne tarissent pas d’éloges quant à son talent. Il réussit l’épreuve de dessin, mais échoue à plusieurs reprises pour celle de la sculpture. Afin de pouvoir vivre, il travaille et apporte ses services dans des ateliers de sculpteurs.

Il rencontre en 1864 une jeune ouvrière couturière, Rose Beuret, qui lui sert de modèle. Pendant plus de 50 ans, Auguste Rodin partagera sa vie avec Rose, mais ne l’épousera qu’en 1917, peu de temps avant leur mort à tous les deux. Auguste Rodin a eu plusieurs relations en parallèle, la plus connue étant celle qu’il a entretenue avec Camille Claudel, qu’il rencontre en 1883. Leur relation artistique et amoureuse dure plus de 10 ans. Auguste Rodin refuse de se marier avec Camille, malgré ses nombreuses demandes. Son amour passionnel pour le sculpteur se termine dans un internat psychiatrique, dans lequel elle meurt en 1943.

Viennent alors les années de la consécration. Il illustre « Les Fleurs du mal » de Baudelaire en 1887, est sélectionné pour l’Exposition universelle de Paris en 1889 avec Le Baiser (marbre), est fait Commandeur de la Légion d’honneur en 1903. Il devient membre fondateur de la société nationale des Beaux-Arts et réalise le monument en hommage à Victor Hugo pour le Panthéon de Paris. Claude Monet et Paul Cézanne sont ses plus proches amis et collaborateurs. En 1906, l’une de ses plus célèbres œuvres, Le Penseur, est installée devant le Panthéon. De nos jours, la sculpture est visible partout dans le monde grâce à plusieurs fontes.
Création du « Penseur » de Rodin
En 1880, Auguste Rodin réalise le premier modelage en plâtre de son célèbre « Penseur ». Commande du musée des Arts Décoratifs de Paris pour un panneau sur la « Divine Comédie », il est censé, à l'origine, représenter Dante en pleine méditation. Le premier moulage en bronze ne sera réalisé qu'en 1902, et présenté au public en 1904. La statue se trouve exposée aujourd'hui à Paris, au musée Rodin.
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viernes, 2 de octubre de 2015


LE PERSONNAGE DU MOIS : ARTHUR RIMBAUD


Arthur Rimbaud est le poète par excellence. Enfant précoce et élève brillant, il remporte des prix de littérature dès son adolescence. Jeune homme révolté contre l’ordre des choses, il voit la poésie comme un moyen de les faire évoluer. Son abandon de la poésie à partir de dix-neuf ans est pour certains l’aveu de cet échec. D’autres pensent que c’est simplement pour gagner sa vie qu’il arrêta d’écrire et se tourna vers le commerce. Le poète du Bateau ivre a eu une vie mouvementée faite de fugues, de vie de bohème, d’errance et de voyages.

Jean Nicolas Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à
 Charleville-Mézières,  dans les Ardennes. Arthur est le deuxième enfant de la famille qui en comptera cinq. Son père, capitaine d’infanterie, est souvent absent jusqu’au moment où il abandonne femme et enfants. Sa mère l’élèvera seule, suivant des principes stricts. Le jeune Arthur est un élève brillant et, grâce à sa plume talentueuse, il remporte divers prix.

C’est en 1870 qu’est publié son premier poème 
Les Etrennes des orphelins. Un nouveau professeur, Georges Izambard, vient enseigner dans le lycée d’Arthur. Grand amateur de poésie, l’enseignant l’initiera à cet art. Rimbaud découvrira notamment la poésie parnassienne. En mai, Arthur adresse quelques-uns de ses poèmes à Théodore de Banville, afin d’être publié dans le Parnassien contemporain. Mais cette tentative reste infructueuse.

En août, la France entre en guerre contre la Prusse. Arthur, alors âgé de 16 ans, fait sa première fugue à Paris. C’est son professeur Georges Izambard qui le fera sortir de prison. Libéré début septembre, il fait une deuxième fugue vers la Belgique début octobre. Il envoie à Paul Demeny deux lettres,
Lettres du voyant. Dans l’une d’elles, il exprime sa volonté de devenir un voyant, et ce par un « long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens ».

Verlaine, à qui Rimbaud a envoyé ses écrits, est touché par les vers du jeune homme et l’invite à Paris : "Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend". Rimbaud s’y rend aussitôt, emportant avec lui son poème Le bateau ivre. S'en suivront deux années d'errance et de vagabondage. Ils vivront à Paris chez Verlaine (lui-même étant marié et vivant en ménage) et mèneront une vie de bohème en fréquentant les bars du quartier Latin. Puis, les deux amants passeront par Bruxelles et Londres. Leur liaison s’achèvera violemment. Le 8 juillet 1873, Verlaine et Rimbaud se disputent et décident de se séparer. Verlaine, en état d’ébriété, tire sur Rimbaud et le blesse. Verlaine sera condamné par la justice belge à deux ans de prison. Peu après, Rimbaud achève et publie Une saison en enfer.

Celui que 
Verlaine avait surnommé « l’homme aux semelles de vent » poursuivit seul ses voyages. Il écrit Illuminations. Mais à dix-neuf ans, il choisit d’abandonner la poésie. Il enchaîne les destinations : Hollande, Suisse, Allemagne, Italie, Chypre… En 1880, il devient gérant d'un comptoir commercial en Abyssinie. En 1886-87, il se lance dans le trafic d’armes dans l’espoir de devenir riche. L’affaire se révèlera un désastre. En 1891, il souffre de douleurs au genou et se fait rapatrier en France. À Marseille, les médecins découvrent une tumeur au genou. Rimbaud doit immédiatement se faire amputer de la jambe droite. La maladie progresse et Rimbaud meurt le 10 novembre 1891 à Marseille. Il est alors âgé de trente-sept ans.

Poussé par une volonté de créer une langue nouvelle, « de l'âme pour l'âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant » (Lettre du voyant), Arthur Rimbaud a créé un style moderne, loin de la poésie traditionnelle et de son lyrisme.